Samedi 25 avril 2009
Hubert Derexel, 65 ans, mène le combat de la dernière chance : une grève de la faim pour demander au Crédit mutuel l’arrêt des poursuites judiciaires à son encontre.
Seize jours. Seize longs jours qu’Hubert Derexel, 65 ans, a entamé une grève de la faim et ne quitte sa voiture que pour aller aux toilettes et se doucher à son domicile, à Gérardmer, dans les Vosges. C’est un profond désaccord avec sa banque, le Crédit mutuel, qui l’a poussé à cette extrémité dangereuse pour sa santé. « De janvier 1981 à janvier 1995, j’étais responsable d’une concession automobile à Gérardmer, nous explique-t-il. Après quelques années correctes, ma petite entreprise a commencé à connaître la crise, à cause d’une conjoncture économique locale difficile. J’avais alors abaissé mon salaire de patron de 17.500 francs (2.668 euros) à 12.500 francs (1.905 euros) pour continuer à payer tous mes salariés. Pourtant tout est allé en empirant. A ce moment-là, mes quatre enfants faisaient leurs études. J’ai donc pris la décision, en 1990, de souscrire un prêt de 150.000 francs (22.900 euros) sur quinze ans au Crédit mutuel. Peu après, je me suis porté caution d’un crédit pour mon entreprise de 800.000 francs (122.000 euros). Avec le recul, je me demande pourquoi ma caution a été jugée recevable, car ma situation n’était pas franchement brillante. Cinq ans après, le 15 janvier 1995, le tribunal de commerce prononçait la liquidation de ma concession automobile. A 52 ans, je me suis retrouvé sans boulot. »

« Humilié par ma banque »

Loin de se laisser abattre, Hubert Derexel tente immédiatement de rebondir et enchaîne avec un contrat de vendeur d’aspirateurs au porte-à-porte. La descente aux enfers continue. Avec ce travail, pas de salaire fixe, uniquement des commissions versées en fin de mois en fonction du nombre de ventes. « Je n’avais pas le droit de retirer de l’argent. Je devais aller pleurer au guichet pour qu’on me donne un peu de liquide, pour faire vivre ma famille. Il n’y a jamais eu aucune discrétion de la part du personnel, j’étais sans cesse humilié, mis plus bas que terre. Mais je me devais de tenir bon pour mes proches. »

En 1997, sur les conseils d’un ami, il dépose un dossier de surendettement à la Banque de France. Il est alors décidé que, chaque mois, la famille Derexel versera au Crédit mutuel environ 2.000 francs. Tout se passe normalement, jusqu’à ce fameux jour de 2003. « A ma plus grande stupéfaction, j’apprends ce jour-là par téléphone que nous sommes poursuivis devant le tribunal de commerce de Saint-Dié par le Crédit mutuel, pour le prêt de 800.000 francs. La banque arguait que j’étais un multipropriétaire qui cachait des richesses ! Parallèlement, ils m’ont poursuivi devant le tribunal d’instance, pour le prêt de 150.000 francs (lire par ailleurs). » S’enchaînent alors plusieurs années de conflit en justice, durant lesquelles Hubert Derexel dépensera près de 10.000 euros en frais judiciaires.

Pot de fer contre pot de terre

Actuellement, le Crédit mutuel lui réclame 235.000 euros (1.541.500 francs) pour les deux prêts et s’est porté acquéreur de sa maison mise aux enchères par décision de justice. Combien d’argent Hubert Derexel lui a-t-il versé  à ce jour ? Il est incapable de répondre à cette question : « On est dans le flou le plus total. Le Crédit mutuel ne m’a jamais envoyé de décompte. Je n’ai aucune idée de la somme que je leur ai déjà remboursée. »
Dans cette histoire du pot de terre contre le pot de fer, ce grand-père de douze petits-enfants, qui n’a pris des vacances que cinq fois durant toute sa vie, est plus que jamais décidé à mener son combat jusqu’au bout : « Je recommencerai à m’alimenter le jour où le Crédit mutuel me rendra la propriété de ma maison et cessera toute poursuite judiciaire à mon encontre. Je suis prêt à aller jusqu’au bout de mes forces. »

France Soir 16/04/2009
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Samedi 11 avril 2009

Une fois n’est pas coutume, le pot de terre a vaincu le pot de fer. Maurice Touzot, correspondant local de presse (CLP), a obtenu devant le tribunal d’instance de Chalon-sur-Saône la nullité de l’assignation en diffamation faite par son ex-employeur, le Journal de Saône-et-Loire.

Le JSL réagissait à un article publié par son ancien correspondant dans la Voix chagnotine, organe du PCF local. Il y expliquait pourquoi le journal s’était « débarrassé » de lui. Candidat PCF à l’élection cantonale de Chagny en mars 2008, Maurice avait demandé à son chef d’agence « une mise en disponibilité pour préparer (sa) campagne électorale ». Les élections passent, mais pas le résultat : 15 %, c’est « un score trop important » pour continuer à écrire pour le Journal de Saône-et-Loire. « Je n’ai jamais caché mes convictions, que tous les Chagnotins connaissent, plaide-t-il. Mais je faisais toujours la part des choses dans mes articles. »

À l’époque, Maurice Touzot s’était incliné. Rien à faire, car il n’existe pas de lien de subordination entre un CLP et son employeur. Mais devant l’incompréhension de lecteurs du JSL de Chagny, la « mise au point » qu’il publie dans la Voix chagnotine stigmatise un quotidien « qui pour cirer les pompes des hommes politiques et des chefs d’entreprise n’a pas son pareil ». C’est là que le Journal de Saône-et-Loire attaque, en novembre dernier. Contre Maurice, le PCF et Marie-George Buffet, en sa qualité de secrétaire générale. Débouté, condamné à verser trois fois 350 euros aux défendeurs, le quotidien ne souhaiterait pas faire appel, selon l’avocat de Maurice, Hervé Tourniquet. Aujourd’hui, l’ex-correspondant a trouvé refuge, « en toute liberté », sur le site Infos-chalon.com.

 

Grégory Marin

L'Humanité - Médias - Article paru le 10 avril 2009


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Samedi 11 avril 2009

L’ensemble des organisations syndicales du groupe EBRA et des sociétés voisines ou
cousines s’opposent à tout licenciement, à tout plan de licenciement, d’où qu’il vienne.

En fonction des diverses obligations légales en la matière, elles exigent sans délai, dès
ce comité, sans plus de mesures dilatoires, la mise en place d’une procédure de Gestion
prévisionnelle des emplois et des compétences à l’échelle du groupe, dans le but de valoriser
l’emploi, prévenir tout licenciement, d’anticiper les applications du multimédia, de traiter
l’emploi sous l’angle d’une sécurité sociale professionnelle, collective et paritaire. Cette
GPEC, qui ne se substitue pas à la consultation des comités d’entreprise, traitera de la
stratégie du groupe pour les trois ans à venir.

Il est plus que temps, la véritable direction du groupe, celle qui exerce le mandat
opérationnel, doit rendre compte de sa stratégie : non seulement une tendance lourde à
l’externalisation des tâches informatiques, mais surtout la dématérialisation des entreprises
amènent au constat que des décisions d’état major ont été prises qui choisissent le numérique
au détriment du papier imprimé. Cette dynamique à l’oeuvre de mise en réseau des
entreprises, de leur dématérialisation, doit être, la légalité l’exige, présentée au comité de
groupe, aux différents comités d’entreprise, et aux salariés.

On ne dirige pas le premier groupe de presse dans le secret bancaire, et le Crédit
mutuel, banque désormais subventionnée par l’Etat, n’a aucune légitimité à transformer la
presse, imprimée ou numérique, en papier monnaie ou en titre spéculatif. L’information ne
doit pas se jouer sur le marché des subprimes, les salariés de la presse ne sont pas des traders.

Pourquoi une négociation de groupe ? La direction a montré son intense activité de
remise en cause des titres, Vosges matin contre Est Républicain et Liberté de l’Est, annonce
de rapprochement Bien Public – Journal de Saône-et-Loire, indices avant-coureurs
concernant les titres alsaciens et lorrain, etc. Les questions de la distribution, des centres
d’impression, de la place d’Euro Information justifieraient déjà l’échelle de négociation
requise.

Mais une autre raison, tout aussi importante, commande la négociation à l’échelle du
groupe : il s’agit du traitement de l’emploi. Toutes les organisations syndicales du groupe
veulent rompre avec la campagne de démoralisation entretenue, distillant insidieusement que
la seule solution à l’emploi est le départ qu’on ose qualifier de volontaire, que la personne
passée par une certaine expérience n’a pas d’avenir dans le groupe. Tout ça pour opérer un
vaste gâchis des savoir-faire et des énergies, au nom de ratios économiques englués dans un
raisonnement libéral sectaire. L’âge auquel un salarié peut atteindre sa retraite à taux plein ne
cesse de reculer, la valeur de sa pension s’effondre, sa couverture sociale ne cesse de
diminuer, alors que la direction du groupe a l’oeil rivé sur le plus de départs possibles, le plus


tôt possible. Et ce dans un contexte désastreux, où la politique de chômage de masse implique
que la perte d’emploi peut être définitive.

L’emploi doit être traité en ravalant la rupture du contrat de travail au rang
d’exception, en établissant une caisse paritaire de sécurité professionnelle, en privilégiant la
formation professionnelle, l’adaptation aux évolutions des métiers et des besoins de
l’information, en excluant le passage par la case chômage. Le syndicalisme que nous
représentons ne saurait se dévaluer au point de n’être qu’une signature dévalorisée au bas
d’un énième plan social.

Cette négociation bénéficiera des travaux de l’observatoire des métiers de la presse,
qui a établi des travaux exploratoires sur les nouveaux métiers. Pour promouvoir ces métiers
dont certains ont commencé à se mettre en place, voilà ce que permet une gestion dynamique,
paritaire et sociale de l’emploi. La rupture des générations, la mise en concurrence des
salariés, la campagne de dénigrement de certains secteurs salariés, voilà qui a fait la preuve de
son échec, comme le montre le développement de la Grande Crise, qui est celle du
libéralisme.

La valeur du travail, à tous points de vue, doit être remise au centre des entreprises
d’information du groupe EBRA et de ses dépendances. Il est tard, pas trop tard. Les
organisations syndicales demandent séance tenante à la direction du groupe une réponse
positive à son offre de négociations sur les intérêts bien compris de tous. Le développement
conjoint du numérique, de la crise et de son chômage, la situation de l’information
n’autorisent plus de délai.

En conséquence, les membres du comité de groupe suspendent la séance et
lareprendront au cours du mois de mai avec comme autre point à l’ordre du jour la
présentation du plan évoqué par M. Colin.

Lyon, le 9 avril 2009


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Samedi 11 avril 2009
En attendant la suite !

 
Depuis le 26 novembre, date de la dernière réunion
du Comité de groupe, des questions posées par les
élus à Gérard Colin étaient restées sans réponse.
Stratégie et périmètre du groupe, place d’Euro Infor-
mation (filiale informatique du Crédit Mutuel) dans le
groupe, avenir des salariés, indépendance éditoriale,
centres d’impression, tous ces sujets étaient donc à
l’ordre du jour de ce Comité de Groupe.
Gérard Colin qui présidait la réunion a, dans un pre-
mier temps, dépeint la situation difficile dans laquelle
se trouve EBRA, avec une perspective de déficit pour
2009 s’établissant à – 34 M€ (frais financiers inclus).
Baisse de la diffusion, mais surtout chute du chiffre
d’affaires de la publicité supérieure à la prévision
sont évidemment les principaux éléments qui expli-
quent les difficultés actuelles.
Gérard Colin explique que la direction s’apprête à
présenter un plan d’économie et de développement
sur le groupe qui sera soumis aux actionnaires
d’ici la fin du mois d’avril.
Sur les questions posées précédemment par les
membres du Comité de groupe, le directeur général
du groupe amène les réponses suivantes :


- Stratégie sur 3 ans



 
« Elle repose sur l’équilibre des comptes
d’exploitation sachant que le groupe fait appel ré-
gulièrement au Crédit Mutuel pour boucler les fins de
mois(…)le développement du numérique ne compen-
sera pas la perte de chiffre d’affaires de publicité(…)
à l’augmentation du prix de vente des journaux, elle
n’est pas d’actualité ».
Toujours selon Gérard Colin, « La crise économique
peut être une opportunité pour se remettre en cause
et revoir le fonctionnement du groupe ».
Et d’ajouter : « Il faut poursuivre les économies et
raisonner au niveau du groupe ».


- Le périmètre du groupe



 
Pour le moment, l’Alsace et le Républicain Lorrain
ne font pas partie du groupe même si des lettres de
mission, signées par Gérard Lignac, ont été remises à
MM. Schmidt et Ramstein, actuellement directeur
administratif et financier du Républicain Lorrain pour
le premier, directeur technique du Républicain Lor-
rain et de l’Alsace pour le second.
On peut imaginer que les liens étroits entre le Crédit
Mutuel et L’Est Républicain ne sont pas étrangers à
ces nominations...

Gérard Colin rappelle que Gérard Lignac détient
80 % des droits de vote de L’Est Républicain et qu’en
conséquence, la clause de cession ne s’applique pas.
Pour lui, le fait que le Crédit Mutuel représente 80 %
du capital de France Est (holding qui possède L’Est
Républicain), n’y change rien quelques soient les ac-
tions juridiques en cours. « Gérard Lignac reste le
président du groupe », ajoute Gérard Colin.

Hum, hum !


- Euro information


 
Des mises à disposition de personnel informatique
des différents titres sont en cours « dans le respect
des statuts » affirme le président du Comité de
groupe.
Des discussions se sont engagées, notamment aux
DNA, pour déterminer les conditions de ces détache-
ments.
Gérard Colin précise qu’Euro Information a besoin
des compétences « presse » de ces salariés dont
l’activité sera facturée à la filiale du Crédit Mutuel.


- Centres d’impression


 
Il est hors de question d’acheter des rotatives puis-
qu’il faut considérer que d’ici 5/7 ans, l’impression
numérique modifiera profondément le schéma de
l’impression dans la presse. « Avec cette technologie,
on peut imaginer, par exemple, des rotos dans chaque
département permettant un bouclage du journal jus-
qu’à 3 heures du matin », explique Gérard Colin.


- Avenir des salariés


 
En réponse à un élu CGT sur les conséquences en ma-
tière d’emploi liées à l’évolution du groupe, Gérard
Colin accepte l’idée d’une GPEC dans EBRA et
l’ouverture de négociations sur la mise en place d’une
caisse paritaire traitant de l’accompagnement social.
Il affirme que ces points seront intégrés dans le plan
qu’il doit soumettre aux actionnaires pour la fin avril.
Après une interruption de séance demandée par les
membres du Comité de groupe, une déclaration uni-
taire est lue par le secrétaire (voir par ailleurs).
Les membres du Comité de groupe décident de
suspendre la réunion, dans l’attente de la présenta-
tion aux actionnaires du plan annoncé par Gérard
Colin. La réunion du Comité de groupe se pour-
suivra courant mai.


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Jeudi 9 avril 2009

Les salariés de Caterpillar (les Cater’) sont dans une situation difficile.

Subissant le chômage partiel depuis des mois, et en grève depuis l’annonce d’un plan de licenciements secs motivé par des raisons éminemment « boursières », ils se trouvent aujourd’hui engagés dans un conflit qui se durcit et se prolonge dans le temps.

Les Cater’ ont fait le choix de se battre pour leur avenir.
Allez voir leur site et participer à la solidarité en cliquant sur le lien ci-dessous:


http://www.les-cater-enlutte.fr/
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