« Humilié par ma banque »
Loin de se laisser abattre, Hubert Derexel tente immédiatement de rebondir et enchaîne avec un contrat de vendeur d’aspirateurs au porte-à-porte. La descente aux enfers continue. Avec ce travail, pas de salaire fixe, uniquement des commissions versées en fin de mois en fonction du nombre de ventes. « Je n’avais pas le droit de retirer de l’argent. Je devais aller pleurer au guichet pour qu’on me donne un peu de liquide, pour faire vivre ma famille. Il n’y a jamais eu aucune discrétion de la part du personnel, j’étais sans cesse humilié, mis plus bas que terre. Mais je me devais de tenir bon pour mes proches. »
En 1997, sur les conseils d’un ami, il dépose un dossier de surendettement à la Banque de France. Il est alors décidé que, chaque mois, la famille Derexel versera au Crédit mutuel environ 2.000 francs. Tout se passe normalement, jusqu’à ce fameux jour de 2003. « A ma plus grande stupéfaction, j’apprends ce jour-là par téléphone que nous sommes poursuivis devant le tribunal de commerce de Saint-Dié par le Crédit mutuel, pour le prêt de 800.000 francs. La banque arguait que j’étais un multipropriétaire qui cachait des richesses ! Parallèlement, ils m’ont poursuivi devant le tribunal d’instance, pour le prêt de 150.000 francs (lire par ailleurs). » S’enchaînent alors plusieurs années de conflit en justice, durant lesquelles Hubert Derexel dépensera près de 10.000 euros en frais judiciaires.
Pot de fer contre pot de terre
Actuellement, le Crédit mutuel lui réclame 235.000 euros (1.541.500 francs) pour les deux prêts et s’est porté acquéreur de sa maison mise aux enchères par décision de justice. Combien d’argent Hubert Derexel lui a-t-il versé à ce jour ? Il est incapable de répondre à cette question : « On est dans le flou le plus total. Le Crédit mutuel ne m’a jamais envoyé de décompte. Je n’ai aucune idée de la somme que je leur ai déjà remboursée. »Dans cette histoire du pot de terre contre le pot de fer, ce grand-père de douze petits-enfants, qui n’a pris des vacances que cinq fois durant toute sa vie, est plus que jamais décidé à mener son combat jusqu’au bout : « Je recommencerai à m’alimenter le jour où le Crédit mutuel me rendra la propriété de ma maison et cessera toute poursuite judiciaire à mon encontre. Je suis prêt à aller jusqu’au bout de mes forces. »
France Soir 16/04/2009
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